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Interview d’Anne Barth [Dossier : le Festival Enfance et Nature]

Février sera le mois des enfants sur l’Appel d’Être ! Nous entamons notre dossier concernant le Festival “Enfance et Nature”, organisé à Strasbourg par l’Académie de la Petite Enfance et la Fondation Terra Symbiosis, en partenariat avec le réseau Colibris 67 Strasbourg, les 5, 6, 7 et 8 février derniers au cinéma Star Saint-Exupéry.

Dans le film l’Arbre de l’Enfance, Anne Barth, Canadienne, nous expose à un sujet tellement important mais rarement évoqué dans les films aujourd’hui : la violence éducative ordinaire qui se glisse dans nos vies et altère notre perception de nous-même et de notre environnement. La nature vient comme arrière-plan mais on comprend vite qu’elle est le quatrième sujet du film ; permettant ainsi aux sujets principaux Juliette, Béatrice et Daniel, de se ressourcer et de se construire. – Gillian Cante, Project Manager à l’Académie de la Petite Enfance, Fondatrice et Présidente à Giving Tree

Parents, éducateurs, enfants… Les films sélectionnés pour ce festival témoignent de la nécessité d’ouvrir le dialogue avec chacun. Interview de la réalisatrice du film « L’arbre de l’enfance » Anne Barth.

 

LADE : Pourquoi la place de l’enfant est-elle particulièrement importante dans ce combat pour réunir l’être humain et la nature ?

Pour le film L’arbre de l’enfance, j’ai filmé Juliette pendant 7 ans, parce que je me suis aperçue que nous avions un point commun très important : la place de la nature dans notre vie. Juliette trouve dans la nature la paix à laquelle elle aspire et qu’elle n’a pas à la maison. Et l’enfant qui se réfugie dans la Nature prend le temps de réfléchir, le monde intérieur est relié au monde extérieur sans cesse. C’est poreux.

Ce que nous, adultes, ne percevons plus parce qu’on ne prend pas assez de temps pour nous asseoir au milieu d’un champ, à l’abri des sons artificiels ou bien perché dans un arbre sans occupation particulière que laisser ouvertes nos perceptions et nos pensées. Connecter l’homme et la nature, ça commence par le respect de soi et des autres, par l’attention à soi et aux autres en même temps. Éduquer les enfants au respect de la nature, c’est évidemment une démarche importante, mais ça ne prend véritablement sens que si on respecte la nature de l’enfant, la vie qui est en lui.

LADE : À l’heure du tout connecté, des écrans, de quelle manière avez-vous souhaité procéder pour sensibiliser les enfants à la nature, pour les “reconnecter” à la réalité ?

Je montre régulièrement le film à des collégiens et des lycéens. C’est magnifique de voir comment ils sont touchés par le film. Ils ne sont pas insensibles ou déconnectés, bien au contraire ! Comme le dit Juliette, les jeunes ont besoin d’adultes qui leur donnent envie de grandir, de beaux adultes. Donc la responsabilité est du côté des parents, des enseignants, des éducateurs, des professionnels de la Petite Enfance. Comment peuvent-ils faire passer leur propre sensibilité ? Leur propre connexion à la réalité? C’est du travail, oui, tout un chemin ! C’est ce que fait Daniel, un des personnages dans le film. Et il n’a de cesse de dire qu’il n’y aura pas de paix dans le monde tant qu’il n’y aura pas de paix en nous !

LADE : Suite à la projection de votre film, vous serez face à face avec le public pour un temps d’échange et de débat. Pourquoi est-ce important pour vous ?

Ce temps d’échange est un accompagnement, un recueil, une écoute attentive des témoignages du public. Je privilégie chaque fois le mot échange ou rencontre et j’évite le mot débat. Car le film s’adresse au cœur, pas au mental. À chaque projection, le public a besoin de parler, de témoigner du bouleversement, de la prise de conscience. Je constate que ma présence permet au public ce temps d’échange dont il a besoin. Quand des parents se sentent seuls face à des difficultés, et Catherine Gueguen dans le film le souligne bien quand elle dit qu’il faut aller chercher de l’aide, ne pas rester tout seul, s’ils rencontrent d’autres parents qui ont aussi des difficultés, ça les aide, ça leur donne du courage pour continuer. Parce qu’être parent, c’est parfois difficile.
Donc c’est moins important pour moi que pour le public. Et je suis pleine de gratitude de voir autant de personnes touchées par les propos du film…

 

L’équipe de l’Appel d’Être remercie Anne Barth pour ses réponses. Retrouvez également les interviews des autres réalisateurs·trices invité·e·s au festival: Frédéric Plénard, « Le Lien » ; Margreth Olin, « Childhood » et Agnès Fouilleux, « Être plutôt qu’avoir ».

Pour aller plus loin

Le site internet du film : www.larbredelenfance.com et  la Bande-Annonce :

    Laura Haas

    Nils Bronner

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