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3 questions à Margreth Olin [Dossier : le Festival Enfance et Nature]

Février sera le mois des enfants sur l’Appel d’Être ! Nous entamons notre dossier concernant le Festival “Enfance et Nature”, organisé à Strasbourg par l’Académie de la Petite Enfance et la Fondation Terra Symbiosis, en partenariat avec le réseau Colibris 67 Strasbourg, les 5, 6, 7 et 8 février derniers au cinéma Star Saint-Exupéry.

Dans le film Childhood de la Norvégienne Margreth Olin, on passe deux heures à savourer les moments où, scène après scène, on assiste aux interactions d’enfants libres dans leurs jeux, qui développent la compassion envers les autres, la confiance et l’envie d’explorer.  Elle pose indirectement la question provocante : l’école ne devrait-elle pas être un lieu de bienveillance ayant la nature comme éducatrice principale ? – Gillian Cante, Project Manager à l’Académie de la Petite Enfance, Fondatrice et Présidente à Giving Tree

Parents, éducateurs, enfants… Les films sélectionnés pour ce festival témoignent de la nécessité d’ouvrir le dialogue avec chacun. Interview de la réalisatrice du film « Childhood » Margreth Olin.

 

LADE : Pourquoi le rôle de l’enfant est si important dans la lutte pour réconcillier l’être humain et la nature ?

Car on pense qu’en réalité ce n’est pas une lutte de réconcillier l’humain et la nature. Il est aussi primordial de garder à l’esprit que les enfants sont des êtres à part entière. Ce n’est pas à nous de décider de leur personnalité. Si les enfants peuvent exprimer leur créativité librement, être eux-mêmes et jouer ensemble avec le minimum d’interférence de la part des adultes, on constate qu’ils aiment vraiment jouer au grand air. Pour un enfant, tout est nouveau et magique. Si on leur donne un jardin à explorer avec leurs amis, ils créent de petits royaumes avec des règles et des valeurs qu’ils sont les seuls à comprendre.

On pense qu’en tant qu’adultes c’est notre responsabilité de leur donner l’opportunité de grandir à leur rythme dans un endroit où ils se sentent en sécurité, pour permettre à leurs personnalités et à leurs dons de fleurir. On pense, on espère que si un enfant a ce type d’expérience avec la nature en grandissant, il ou elle développera et entretiendra un lien avec la nature tout au long de sa vie.

LADE : Dans cette époque de technologies inter-connectées, comment parvenez-vous à donner aux enfants une conscience de la nature qui leur permette de se reconnecter avec la réalité ?

Pour que des enfants soient en connexion avec la nature et qu’ils y portent un intérêt, il faut leur en donner l’opportunité. Dans une époque comme la nôtre, où les moyens de passer son temps libre sont infinis, il faut choisir judicieusement comment on veut passer ce temps libre – à la fois pour nous et pour nos enfants. La chose la plus précieuse que vous puissiez offrir à un enfant, c’est votre temps. Choisissez de passer du temps avec eux, faites des aventures en plein air, intégrez-les dans votre équipe et comme ils participeront, ils apprendront. Cette manière d’apprendre leur apportera une meilleure compréhension, un sentiment de confiance, et une maîtrise des choses.

Les enfants à qui l’on donne, à un très jeune âge, l’opportunité d’explorer la nature librement vont inévitablement être confrontés à de dures réalités. En ne leur cachant pas les choses de la vie, mais en les laissant observer la manière dont on fait face à ces choses, et en répondant aux questions qu’ils peuvent se poser, ils grandiront avec des souvenirs en lien avec la nature. C’est en apprenant qu’il n’y a pas de question bête et que tout travail porte ses fruits qu’on devient un.e adulte qui n’a pas peur d’être soi-même et qui comprend son rôle dans la nature et, de fait, dans l’existence.

LADE : Après la projection vous allez rencontrer le public pour débattre et discuter. Pourquoi est-ce important ?

C’est important pour nous de rencontrer le public parce que Childhood est à nos yeux notre film le plus important à ce jour. Toute personne que vous rencontrez a un jour été un·e enfant. Une part importante de notre personnalité est déterminé par nos jeunes expériences. Nos enfants sont notre avenir et personne n’est plus important dans la société. Tout le monde est d’accord là-dessus et pourtant on constate que les enfants perdent progressivement leur liberté, que ce soit à l’école ou à la maison. Chaque heure de leur emploi du temps est méticuleusement planifiée.

En rencontrant notre public, on découvre ce que les gens pensent de ces sujets dans d’autres pays. On crée des relations avec des gens qui ont la même vision des choses et ensemble on espère avoir un impact. On veut inspirer du changement partout où on va – que ce soit des réformes scolaires sur les plans nationaux ou plus simplement inciter une famille à aller explorer le monde avec leur petit bout de chou.

 

Merci à Margreth Olin pour ses réponses ! Retrouvez également les interviews des autres réalisateurs·trices invité·e·s au festival: Anne Barth, « L’arbre de l’enfance » ; Frédéric Plénard, « Le Lien » et Agnès Fouilleux, « Être plutôt qu’avoir ».

Merci à Yann Le Naour qui a aimablement traduit les propos de Margreth Olin à partir de l’anglais.

Pour aller plus loin

Le site internet du film : www.barndom.movie/childhood et  la Bande-Annonce :

    Laura Haas

    Nils Bronner

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