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3 questions à Agnès Fouilleux [Dossier : le Festival Enfance et Nature]

Février sera le mois des enfants sur l’Appel d’Être ! Nous entamons notre dossier concernant le Festival “Enfance et Nature”, organisé à Strasbourg par l’Académie de la Petite Enfance et la Fondation Terra Symbiosis, en partenariat avec le réseau Colibris 67 Strasbourg, les 5, 6, 7 et 8 février derniers au cinéma Star Saint-Exupéry.

Le film de la Française Agnès Fouilleux Etre plutôt qu’avoir retrace l’évolution du système éducatif Ce film me semble très important car il pose le cadre, nous expliquant d’où vient notre système éducatif d’aujourd’hui, tout en rappelant les origines pédagogiques de Freinet, Montessori, et Steiner. C’est un véritable appel à questionner l’éducation que l’on souhaite pour nos enfants et la place que l’on donne à la nature pour nous enseigner. – Gillian Cante, Project Manager à l’Académie de la Petite Enfance, Fondatrice et Présidente à Giving Tree

Parents, éducateurs, enfants… Les films sélectionnés pour ce festival témoignent de la nécessité d’ouvrir le dialogue avec chacun. Interview de la réalisatrice du film « Être plutôt qu’avoir », Agnès Fouilleux.

 

LADE : Pourquoi la place de l’enfant est-elle particulièrement importante dans ce combat pour réunir l’être humain et la nature ?

L’enfant est l’adulte de demain. Nous devons lui enseigner tout petit l’importance de la nature non seulement pour pouvoir imaginer un avenir pour la planète, apprendre à respecter la nature pour préserver l’humanité, mais aussi pour l’individu au jour le jour, pour son développement et son bien être. L’être humain a besoin de nature pour bien vivre, rester en bonne santé et être heureux ! L’enfant a besoin de la nature pour apprendre, grandir, se développer, prendre confiance en lui, s’épanouir et coopérer avec les autres.

Dans mon film, Roland Gérard du réseau École et Nature intervient à ce sujet, il dit une chose très belle et très juste : « On devient vivant au contact du vivant, on devient vivant au contact des arbres au contact des animaux, des fleurs, des oiseaux. »

LADE : À l’heure du tout connecté, des écrans, de quelle manière avez-vous souhaité procéder pour sensibiliser les enfants à la nature, pour les “reconnecter” à la réalité ?

Dans le film Isabelle Peloux explique que les enfants n’ont pas le temps de regarder la télé ou de passer du temps devant les écrans, car ils ont trop de choses à faire avec leur corps ! Seule la nature peut leur offrir les possibilités de développer toutes les facultés qui leur permettront ensuite des apprentissages plus conceptuels, et de développer leur imaginaire. On commence à peine à prendre conscience de tout ça mais c’est fondamental ! Dans des sociétés de plus en plus hors sol, on se rend compte que rien ne remplace la nature pour certains apprentissages et pour le bien être psychique des enfants. Jouer avec un bâton dans une rivière, grimper aux arbres, faire des boules avec de la boue, et tout ce qu’on peut imaginer dehors… toutes ces activités offrent exactement tout ce qu’il faut à l’enfant pour développer son corps, son cerveau et ses interactions avec les autres. Tout cela est aujourd’hui très documenté. Je pense notamment à ce que l’on appelle en Amérique du nord le Nature Deficit Desorder, que l’on traduit par syndrôme de manque de nature qui touche de plus en plus d’enfants. Les troubles sont divers : obésité, dépression, hyperactivité etc… Un seul remède : remettre les enfants dans la nature.

Dans le film on voit aussi les écoles maternelles en forêt des pays nordiques, le principe est simple, pas de bâtiment, on est dehors par tout temps et par toutes saisons ! Les enfants adorent et c’est une excellente façon de leur donner toutes les billes dont ils auront besoin plus tard !

Mon film « Être plutôt qu’avoir » parle spécifiquement de ce problème des écrans. C’est un vrai problème actuellement surtout pour les enfants qui vivent dans des familles où le contrôle parental pour ce qui concerne les écrans n’existe pas. C’est aussi un vrai problème de penser que l’on va proposer aux élèves dans les écoles d’apprendre sur des tablettes numériques. Il a été prouvé que cela n’est pas une bonne solution et pourtant on le fait ! En plus d’être une vraie catastrophe écologique puisqu’il faut produire et qu’il faudra changer ces tablettes dans quelques années ! Des budgets colossaux sont investis dans le plan numérique à l’école alors que la plupart des classes n’ont pas de quoi partir en classes vertes ou payer un bus pour faire une sortie en nature ! Quel gâchis…

LADE : Suite à la projection de votre film, vous serez face à face avec le public pour un temps d’échange et de débat. Pourquoi est-ce important pour vous ?

C’est important d’échanger pour tout ce que je viens d’expliquer plus haut. On ne peut comprendre la nature qu’au contact de la nature, en en faisant l’expérience. En faisant l’expérience de l’autre, on peut aller plus loin, expliquer d’autres choses, échanger nos expériences, les solutions que l’on peut mettre en oeuvre et c’est riche ! Rien de mieux que l’expérience de la rencontre pour échanger !

 

C’est ainsi que ce clôture notre dossier relatif au Festival « Enfance et Nature » à Strasbourg. Merci beaucoup à Agnès Fouilleux pour ses réponses ! Retrouvez également les interviews des autres réalisateurs·trices invité·e·s au festival: Margreth Olin, « Childhood » ; Anne Barth, « L’arbre de l’enfance » et Frédéric Plénard, « Le Lien ».

Pour aller plus loin

Le site internet du film : www.etreplutotquavoir.fr et  la Bande-Annonce :

    Laura Haas

    Nils Bronner

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