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6e extinction - illustration félin

La 6e extinction – Elisabeth Kolbert

La 6e extinction : « Comment l’homme détruit la vie »
Un livre d’Elisabeth Kolbert
Publié en 2014 : The Sixth Extinction: An Unnatural History / version française en 2015.
La Librairie Vuibert
Disponible en livre de poche

En mars 2018, L’IPBES, la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques a publié cinq rapports. Ces derniers sont catégoriques. La biodiversité est menacée. 38 à 46 % des espèces végétales pourraient disparaître de la planète d’ici à 2050. La 6e extinction serait-elle belle et bien en marche ?  L’occasion pour se plonger à nouveau dans cette enquête passionnante d’Elisabeth Kolbert.

C’est l’histoire d’une espèce, pas forcément la plus rapide, pas nécessairement la plus forte. Elle est simplement plus ingénieuse. Progressivement elle va s’étendre, coloniser la planète. Sur son chemin, elle croise d’autres espèces, plus fortes, plus grandes, plus féroces. Pourtant, elles ne font pas le poids…

Cette espèce, on l’aura reconnue, c’est Homo Sapiens. C’est ainsi qu’elle a décidé de s’appeler. Elle continue son expansion, sa croissance. Elle défriche les forêts, fait transiter des animaux et d’autres organismes d’un continent à l’autre (le chapitre « La nouvelle Pangée » démontre comment l’homme malgré la dérive des continents a contribué à « réunir » à nouveau les cinq continents via un intense troc biologique… Non sans conséquence). Elle modifie le climat et par ricochet, la composition chimique des océans…

Ce faisant, Homo Sapiens devient la seule espèce à avoir un impact global sur l’ensemble de la planète. Il enclenche une évolution mortifère : sous son influence, des centaines puis milliers d’espèces disparaissent / sont menacées…
La terre a déjà connu, du fait d’événements géologiques / de changements violents, un effondrement de la diversité de la vie. Mais la période que nous sommes en train de vivre est sans commune mesure. C’est cette période qu’a choisi de relater Elisabeth Kolbert. L’homme accède actuellement à une compréhension fine des cinq première extinctions massives d’espèces. Dans le même temps, la planète connaît l’extinction la plus dévastatrice depuis la disparition des dinosaures.

Pourquoi le lire ?

  • Pour comprendre par quels mécanismes les humains sont responsables de l’effondrement de la vie sur terre. Et comment nous sommes rentrés dans l’ère de l’anthropocène : une nouvelle époque géologique, due aux actions humaines.
  • Une enquête passionnante aux quatre coins du globe : en Islande, sur les traces du Grand Pingouin (disparu au XIXe siècle), dans la forêt amazonienne, au chevet des récifs coralliens…
  • Un voyage dans le temps, aux côtés notamment du géologue Cuvier ou du naturaliste Darwin lors de leur découvertes qui ont fait évolué l’histoire naturelle.
  • Le livre d’Elisabeth Kolbert a, par ailleurs, connu un très bon accueil médiatique et critique. L’auteure a pour cet ouvrage reçu le Prix Pulitzer Essai.

On aime

Elisabeth Kolbert, en alternant observations de terrain et histoire naturelle, nous conduit à une meilleure compréhension de ce qu’est la biodiversité, de la façon dont elle a évolué… Elle remet l’extinction en cours dans un contexte global en relatant les 5 grandes extinctions (Ordovicien, Dévonien, Permien, Trias et Crétacé). Extinctions qui se déroulent sur un temps bien plus lent qu’aujourd’hui…

Disons-le, le constat est vertigineux, voire déprimant, mais il a le mérite d’interroger. « Dans le cadre de cette extinction, on peut se demander ce qu’il va-t-il finalement advenir de nous« .

Et c’est cette interrogation qui apparaît en filigrane dans les différents récits proposés. Certes, après chaque extinction la vie a trouvé un nouveau chemin, une nouvelle voie… Mais qui dit que l’humanité n’est pas menacée ? L’auteure reprend la citation d’un spécialiste d’écologie scientifique de Stanford, Paul Ehrlich : « En poussant les autres espèces à l’extinction, l’humanité ne fait que scier la branche sur laquelle elle est assise… »

Avant de conclure : « La sixième extinction continuera à déterminer le cours de l’évolution des êtres vivants, longtemps après que tout ce que l’homme a écrit peint ou construit aura été réduit en poussière et que les rats géants auront (ou pas) hérité de la terre ».

L’extrait

Bien sûr l’homme est capable de destruction il n’envisage souvent les choses qu’à court terme, mais il peut agir aussi avec prévoyance et altruisme (…)

    Cyril Leclerc

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